MEDEF Actu-Eco de la semaine du 26 septembre 2011

Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,

• En France :

1.Comptes nationaux des sociétés non financières au 2ème trimestre 2011 : taux de marge au plus bas depuis 25 ans, nouvelle baisse du taux d’autofinancement
2.Comptes nationaux des ménages au 2ème trimestre 2011 : hausse du pouvoir d’achat, remontée de l’épargne
3.Dette publique à la fin du 2ème trimestre 2011 : +101 milliards d’euros par rapport à la fin 2010
4.Demandeurs d’emploi en août 2011 : -0,1% sur un mois, +2,3% sur un an

• A l’étranger :

5.Climat des affaires en Allemagne en septembre 2011 : des perspectives en baisse pour le 7ème mois consécutif
6.Cours des matières premières à la rentrée 2011 : une baisse accélérée qui laisse supposer un ralentissement plus marqué de l’économie mondiale

Comptes nationaux des sociétés non financières au 2ème trimestre 2011

La stagnation du PIB au 2ème trimestre 2011, après un 1er trimestre dynamique (+0,9%), laissait entrevoir une dégradation de la situation des entreprises, ce que confirment les comptes nationaux détaillés du deuxième trimestre 2011 que vient de publier l’INSEE (chiffres susceptibles d’être modifiés).

 * L’excédent brut d’exploitation (EBE) au 2ème trimestre s’est inscrit en recul de -2,7% par rapport au trimestre précédent, compte tenu à la fois de la quasi-stagnation de la valeur ajoutée (+0,2%), et d’une progression encore soutenue des rémunérations (+1,3%) et des impôts indirects (+2,1%). D’où une baisse du taux de marge de 0,9 point de valeur ajoutée entre le 1er et le 2ème trimestre 2011, tombé à 28,9%, taux le plus bas depuis le 1er trimestre 1986. :

Au-delà des aléas trimestriels, le taux de marge moyen au 1er semestre 2011 s’établit à 29,3%, inférieur de 2,5 points à celui de 2007. De fait, les entreprises ne sortent pas indemnes de la crise : en moyenne annuelle, l’EBE a baissé de -4,5% entre 2007 et le 1er semestre 2011. Dans le même temps, les rémunérations ont augmenté de +7,8%, soit 2,3 fois plus vite que la valeur ajoutée.

* Cette baisse du taux de marge se retrouve dans la baisse du taux de profit avant distribution, inférieur de 8% à son niveau de 2007. C’est le résultat de la forte chute de l’autofinancement (épargne brute) (-5,4% entre le 1er et le 2ème trimestre), qui a enregistré son cinquième trimestre consécutif de baisse. Sa part dans la valeur ajoutée est tombée de 16,6% à 13,8% entre 2007 et le premier semestre 2011.

Le redressement des investissements s’est poursuivi au 2ème trimestre 2011 (+0,6% sur le 1er trimestre), retrouvant leur niveau de 2007, mais pas encore leur point haut de 2008. En pourcentage de la valeur ajoutée, l’effort d’investissement des sociétés (19,2% au 2ème trimestre), un peu inférieur à celui du 2ème trimestre 2008, a retrouvé le précédent point haut de l’été 2000.

Cette remontée des investissements et ce recul de l’autofinancement expliquent la chute du taux d’autofinancement de 74,4% à 69,9% entre le 1er et le 2ème trimestre. La moyenne du premier semestre (72,2%) est ainsi inférieure de 12 points à celle de 2007, elle-même inférieure de plus de 2 points à la moyenne de long terme.

la chute du taux d’autofinancement de 74,4% à 69,9% entre le 1er et le 2ème trimestre


Comptes nationaux des ménages au 2ème trimestre 2011 : hausse du pouvoir d’achat, remontée de l’épargne

 * D’après les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels que vient de publier l’INSEE, le pouvoir d’achat des ménages en termes de revenu disponible brut (RDB) s’est accru. En effet, leur RDB a enregistré une hausse de 1,2% au 2ème trimestre 2011 par rapport au trimestre précédent (après +0,9% au 1er trimestre 2011 et au 4ème trimestre 2010).

Compte tenu de la hausse de l’indice des prix à la consommation (+0,5%), le pouvoir d’achat du RDB s’est accéléré au 2ème trimestre : +0,7%, après +0,1% au premier. Cette hausse globale du pouvoir d’achat recouvre notamment des gains de pouvoir d’achat de +0,5% en termes de prestations sociales (après stagnation au 1er trimestre) et de +0,4% en termes de salaires (secteurs privé et public confondus) (après +0,3%).

* Au-delà des aléas trimestriels, le pouvoir d’achat du RDB s’est fortement accru au 1er semestre 2011, alors que les prestations sociales, qui représentent près du tiers du RDB, ont ralenti en liaison avec la fin du plan de relance. Dans le même temps, la hausse du pouvoir d’achat de la masse des salaires (près de 60% du RDB, tous secteurs confondus) s’est accélérée (+1,2% après +0,5% en 2010).

Depuis 2007, les revenus des ménages ont continué de progresser plus vite que la production. En effet, le PIB en volume a tout juste retrouvé son niveau de 2007 tout en restant encore inférieur à son point haut de 2008, alors que le RDB en pouvoir d’achat s’est accru de près de 10% par rapport à 2007. Cette montée du RDB s’explique très largement par celle des prestations sociales (+16%). Dans le même temps, les salaires ont augmenté de 8,5%.

* Malgré ces gains de pouvoir d’achat, la consommation s’est contractée au 2ème trimestre 2011 ce qui s’explique en partie par un taux d’épargne qui est remonté à 17% (+1,1 point par rapport au 1er trimestre 2011), c’est-à-dire à son plus haut niveau de l’été 2009. Le taux d’épargne financière (représentant moins de la moitié du total), pour sa part, est passé de 6,5% à 7,6%, dépassant ainsi de deux points son niveau de 2007.

Le taux d’épargne en France dépasse de plus de 2 points sa moyenne de longue période. Ce constat laisse penser qu’il existe encore de la « réserve » pour soutenir la consommation, surtout dans une période de conjoncture difficile. D’ailleurs, la dernière enquête de l’INSEE auprès des ménages (septembre 2011) montre, de fait, que ces derniers paraissent, à la rentrée, moins enclins à épargner.


Dette publique à la fin du 2ème trimestre 2011 : +101 milliards d’euros par rapport à la fin 2010

* La dette publique de Maastricht (brute) s’est établie à 1 693 milliards d’euros à la fin du 2ème trimestre 2011, soit 86,2% du PIB, atteignant ainsi un nouveau record. Elle se répartit comme suit : 79,1% pour l’Etat, 0,6% pour les organismes divers d’administration centrale, 9,1% pour les collectivités territoriales et 11,2% pour les administrations de sécurité sociale.

* Au cours du 1er semestre 2011, la dette s’est alourdie de 101 milliards d’euros (+6,4%). Cette hausse recouvre une augmentation de l’endettement de l’Etat (+94 milliards) et de celui des administrations de sécurité sociale (+18 milliards) partiellement compensée par la baisse de la dette des organismes divers d’administration centrale1 (-4 milliards) et de celle des collectivités territoriales (-7 milliards).

* Sur moyenne période, ces derniers chiffres confirment l’ampleur du choc de la récession sur les finances publiques, quand on les compare à ceux de 2007. La dette publique s’est en effet accrue de +481 milliards (+40%). Sachant que cet alourdissement de la dette est le fait de l’ensemble des administrations publiques (à l’exception des organismes divers d’administration centrale) mais avec des ampleurs différentes : +44% pour l’Etat, +14% pour les collectivités territoriales, +57% pour les administrations de sécurité sociale.

1 « Dans les comptes nationaux, les organismes divers d’administration centrale (ODAC) regroupent des organismes auxquels l’Etat a donné une compétence fonctionnelle spécialisée au niveau national. » INSEE. Exemples : Pôle emploi, Météo France, CNRS, etc.


Demandeurs d’emploi en août 2011 : -0,1% sur un mois, +2,3% sur un an

 * Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi), pour la seule France métropolitaine, a baissé de -0,1% en août 2011 après trois mois de hausse. Ce qui représente 2,75 millions de chômeurs.
Si l’on considère également les demandeurs d’emploi en activité réduite, le nombre total de demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) s’est accru de +0,5%.

Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi sans emploi a enregistré une hausse de 2,3% (+4,3% pour les catégories A, B et C). Les plus fortes progressions sont enregistrées, d’une part, chez les femmes (+4,7%) et, d’autre part, chez les 50 ans ou plus (+13,5%). En revanche, quasi-stabilité pour les hommes et pour les demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans, baisse chez les moins de 25 ans.


Climat des affaires en Allemagne en septembre 2011 : des perspectives en baisse pour le 7ème mois consécutif

 * L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne a enregistré sa troisième baisse consécutive en septembre 2011 ; même si, ce mois-ci, la baisse est de moins grande ampleur.

Cette baisse recouvre :

- s’agissant de la situation instantanée, une quasi-stagnation de l’indice après 2 mois de baisse, mais qui reste à un niveau élevé (celui de l’hiver dernier) :

- s’agissant des perspectives, la poursuite du repli (7ème mois consécutif de baisse), l’indice étant maintenant revenu à son niveau de l’été 2009, en dessous de sa moyenne de longue période.

Cette dégradation du climat des affaires en Allemagne confirme le ralentissement en cours et attendu de l’activité tant en Allemagne que dans le monde, l’économie allemande étant tributaire de la demande mondiale.


Cours des matières premières à la rentrée 2011 : une baisse accélérée qui laisse supposer un ralentissement plus marqué de l’économie mondiale

 La baisse du cours de l’or ces dernières semaines (-16% au cours du mois de septembre) semble moins correspondre à une évolution spontanée du marché qu’aux effets des mesures techniques prises à Chicago pour enrayer la spéculation. Cette dernière avait conduit au niveau historiquement élevé de près de 1 900 dollars l’once le 5 septembre 2011 (+412 dollars l’once par rapport au 1er juillet 2011, soit +28%).
Néanmoins, ce mouvement de repli concerne également les autres produits de base.

  * Tout d’abord, le cours des matières premières industrielles en dollars s’est réduit de 12% entre le 9 et le 29 septembre 2011 (-10% en euros). Ceci reflète :

- d’une part, un ralentissement de l’économie mondiale, confirmé par les indices PMI industriels, un peu partout dans le monde, et notamment en Chine ;

- d’autre part, un désengagement possible de ces marchés de la part des établissements financiers (besoin de liquidités).

  * Dans le même temps, le prix du pétrole (Brent) en dollars s’est réduit de -8% entre le 16 et le 29 septembre 2011, passant de 115 à 106 dollars le baril (-7% en euros).

Quelque peu préoccupante, cette baisse des cours des matières est toutefois bénéfique aux pays consommateurs (ménages entreprises). Elle est cependant moins forte pour les pays européens en raison de la baisse simultanée du change de l’euro par rapport au dollar.
Même si l’euro s’apprécie depuis quelques jours, il s’est en effet déprécié au cours du mois de septembre, passant de 1,45 dollars le 31 août à 1,34 dollars le 23 septembre, soit une baisse de 7%. Cette baisse de l’euro est évidemment favorable aux entreprises exportatrices européennes dans une conjoncture difficile, où la compétitivité-prix devient plus importante. Il reste que la parité actuelle de l’euro est toujours très élevée et supérieure au change jugé, par la plupart des experts, réaliste en termes de compétitivité.


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