Marie-Noëlle Pottier préside actuellement le Conseil des Prud’hommes d’Amiens. Elle est conseillère prud’homale depuis 2010.

Elle nous fait part de son expérience :

« Le rôle du conseiller prud’homal est de juger en droit les conflits individuels du travail, c’est-à-dire de trancher les litiges qui peuvent opposer un salarié à son employeur.

C’est un lieu où tous les aspects de la politique salariale se rencontrent et où le paritarisme trouve son plein exercice .

Le mandat prud’homal n’est ni un titre, ni un pouvoir mais un engagement personnel impliquant le sens de l’écoute et du dialogue. Il  permet de développer des qualités de rigueur et de force de persuasion : il faut, en effet, apprécier les faits en fonction de leur répercussion sur le fonctionnement de l’entreprise et  prouver ce que l’on allègue.

Comme tous les mandats – et peut-être ici plus qu’ailleurs – une certaine disponibilité est requise : celle-ci dépend de la section à laquelle on appartient mais aussi du nombre et de la complexité des affaires traitées.

Ce que je retiens de ce mandat ? C’est une expérience humaine très enrichissante face à des enjeux économiques importants. »

 

Monique Soufflet préside actuellement le Conseil des Prud’hommes d’Abbeville. Elle est conseillère prud’homale depuis 1988.

Elle témoigne de son expérience :

« Je suis conseillère prud’homale au sein du Conseil d’Abbeville depuis 1988. D’abord Présidente de la section à laquelle j’appartenais, j’assure depuis maintenant environ 25 ans la présidence ou, en alternance, la vice-présidence du Conseil.

 La fonction prud’homale est très enrichissante, au niveau social bien sûr, mais également humain. Cette fonction permet de toucher de près la réalité de la vie patronale et ouvrière. Ceci aide beaucoup dans le cadre des décisions à prendre dans l’entreprise, afin d’éviter les embûches.

 Notre rôle est d’écouter les parties, puis de raisonner, sans oublier que notre seul guide est toujours le « petit livre rouge » : le Code du travail. Toutefois, nous avons à défendre l’employeur par qui, jusqu’à aujourd’hui, nous avons été élus.

 La fonction prud’homale permet de s’ouvrir aux autres, d’être leur défenseur mais également leur soutien au travers des dossiers et de comprendre les exigences diverses de chaque métier, tout ceci sans perdre de vue l’application stricte du droit.

Je ne peux qu’encourager les entrepreneurs à s’investir dans cette fonction, de façon à pérenniser cette exception française : « être jugé par ses pairs ».